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Musicologie

            Wassim BEN CHAOUACHA poursuit ses études doctorales en musique et musicologie à l'Université de Paris IV-Sorbonne depuis octobre 2005. Ses recherches sont centrées sur l'évolution des formations orchestrales et de l’écriture orchestrale dans le monde arabe au XXe siècle.

Abstract de  la communication  « L’impact de l’évolution des formations orchestrale arabes sur la mutation du code émotionnel de l’auditeur »


Sayid Darwish
Rénovateur de la musique arabe


Théâtre italien de Tunis 1905
Document rare

Aperçu de la thèse

 « La nature de l’orchestre permet d’obtenir un ensemble considérable de timbres. La diversité des instruments alliée à une grande variété de modes de jeu donne au compositeur une vaste palette de couleur orchestrale. Ces couleurs se mélangent, s’opposent, se fusionnent ou, en revanche, éclatent, selon les cas, en créant des tableaux sonores qui se transforment au long des œuvres». 

            Si l’orchestre représente le dispositif le plus usité dans la musique occidentale et que l’orchestration constitue l’une des éléments intégrants dans la composition musicale, ce ne fut pas toujours le cas de la musique arabe. Ce n’est qu’à l’aube du XXe siècle qu’une nouvelle orientation musicale est apparue dans le paysage musical arabe. S’inspirant de la musique occidentale, elle lui a emprunté principalement l’harmonie et les procédés d’écriture orchestrale. Le fondement de cette orientation musicale a été réalisé par des musiciens et des intellectuels qui prônaient l’universalisme de la musique et l’un des signes précurseurs fut la création d’œuvres pour orchestre qui comprenaient des thèmes dans des modes arabes. Dans ces œuvres orchestrales qui ont été conçues conformément aux règles de l’instrumentation, les compositeurs ont employé les différents procédés d’orchestration occidentale. Les pionniers de cette tendance étaient initiés aux techniques d'écriture occidentale, ils disposaient d’une double formation musicale orientale et occidentale. Ces compositeurs avaient une approche tout à fait personnelle, ils concevaient l’œuvre musicale suivant une perspective différente de la musique traditionnelle. Ils composaient des symphonies, des poèmes symphoniques, des concertos, des opéras, des ballets, etc. Ils écrivaient également dans les diverses formes musicales arabes (instrumentales et vocales) tout en employant les techniques d'écriture occidentale et en modernisant le discours orchestral arabe. D’ailleurs, on note le début de la distinction entre compositeur et mélodiste nommés respectivement mu’allif et mulahin. Ce simple constat nous révèle la particularité de notre terrain de recherche qui traite un aspect nouveau centré sur la genèse et l’évolution de l’écriture orchestrale dans le monde arabe.  
           
            L’évolution du langage musical, l’adoption des procédés d’écriture occidentale et l’avènement des grandes formations orchestrales constituaient les faits les plus marquants de l’histoire contemporaine de la musique arabe. Les musiciens et les compositeurs partisans de l’écriture occidentale ont en adopté un bon nombre de pratiques. Nous notons l’adoption de nouveaux concepts, des modes d’organisation, des codes esthétiques propres aux traditions et au langage musical occidental tels que l'usage des partitions, la fixation du discours orchestral et l’unification du jeu instrumental. L’emprunt s’est même étendu aux diverses formes d’expressions artistiques. De plus, l’introduction de l’orchestration à la façon occidentale a entraîné des changements dans le langage musical traditionnel, en particulier le développement des formes musicales instrumentales et vocales et l’emploi d’une manière presque exclusive de modes ne comprenant pas de quarts de tons. Les orchestrateurs arabes ont essayé d’adapter l’écriture orchestrale occidentale aux particularités du langage musical arabe et surtout aux spécificités modales de la musique arabe.

            L’aperçu que nous venons d’exposer nous conduit naturellement à explorer ce genre de questionnements :

  1. Quelles sont les transmutations qui ont contribué à l’adoption de l’orchestration ?
  2.  Comment les compositeurs arabes ont-ils adopté les procédés d’orchestration occidentale aux particularités modales de la musique arabe ?
  3. Quelles sont les particularités des œuvres orchestrales arabes au niveau de la forme, de l’instrumentation et de l’orchestration ?
  4.  Quels sont les éléments qui interviennent lors de l’écoute d’une œuvre orchestrale arabe ?
  5.  Peut-on dégager des préceptes d’orchestration dans la musique arabe ?
Copyright © Wassim Ben Chaouacha 2008